Milmiliar

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Derrière ce titre à l’orthographe incertaine, compétence avouée de son auteur, se cache un jeu qui mérite votre attention, au point d’y consacrer un petit article alors que le nouveau site de o0o0 n’est pas encore tout à fait terminé. La procrastination créative est l’histoire de ma vie (mais c’est une autre histoire).

Milmiliar, donc, est une création de Pitoum, en réponse à une petite jam dont il a semble-t-il trop honte pour écrire le nom, sur le thème « Multivers ». Guère inspiré par ledit thème, Pitoum a décidé d’y répondre de manière détournée en pillant sans vergogne les fameux Cent mille milliard de poèmes de l’inégalable Raymond Queneau.

Milmiliar

L’écran de titre.

Ne serait-ce que pour le choix de faire un jeu de mots sur le thème, dans tous les sens du terme, le concept est louable. C’est simpliste, mais cette simplicité met en avant un mélange d’exploration et de surprise qui se mêle avec brio à un gameplay bêtement plateforme. On contrôle une goutte d’encre, qu’il faut s’efforcer de faire tomber sur des lignes de longueur variable afin d’y faire apparaître des mots.

Ces mots, générés d’après ceux de Queneau, émergent chacun leur tour, lentement, du néant de la page blanche. Il faut s’attarder sur une ligne pour que le mot y devienne bien lisible, mais il s’agit de faire vite, car ces lignes défilent sans attendre, remontant vers le haut de l’écran alors que sonnet se compose sous vos petits yeux ébahis, avec plus ou moins de bonheur et de taches d’encre, selon votre capacité à manier la goutte au clavier.

Milmiliar

Un sonnet presque achevé.

J’aime assez la lente composition du poème, qui au final fait figure de score. Là où le principe devient drôle, c’est quand on se rend compte que la génération d’un poème est plutôt difficile par rapport au bouquin, qui lui ne demande guère d’effort autre que celui de manipuler les pages. Et le côté évanescent, voire manquant, des mots, constitue une métaphore intéressante de la difficulté de l’écriture et de l’acte créatif en général.

Il manque sans doute une musique plus ou moins procédurale, avec une ambiance à Satie, ce que l’auteur a tenté de faire avant d’abandonner pour cette première version. On ne peut pas, pour l’instant, sauvegarder son poème en ligne (mais j’ai ouï dire qu’une version un peu plus communautaire était prévue). En dehors de cela, sachant que le jeu a été réalisé en une douzaine d’heures, on pourrait dire que c’est un sans faute.

Milimiar

Un poème terminé.

Le jeu se trouve par ici.



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